Vous savez combien vous coûte votre CRM chaque mois.

Le montant apparaît sur une facture, vous l'avez peut-être même négocié au dernier renouvellement. Disons 500 € par mois, soit 6 000 € par an. Sur le papier, le calcul semble donc assez simple.

Sauf que ce montant ne raconte qu'une partie de l'histoire.

Une fois l'outil installé dans votre environnement, il faut parfois ajouter le temps passé à le paramétrer, les développements nécessaires pour le connecter à votre CMS, les interventions d'une agence ou encore les heures consacrées chaque mois à son pilotage. Sans compter les cas où un deuxième outil vient compléter une fonctionnalité qui manque au premier.

Mis bout à bout, tous ces éléments peuvent sérieusement changer la facture. Et pourtant, lorsqu'on parle du coût d'un outil e-commerce, c'est encore souvent son abonnement mensuel que l'on regarde en premier.

Alors, combien vous coûte vraiment votre stack e-commerce ?

Le prix de l'abonnement ne raconte pas toute l'histoire

Quand vous comparez deux outils, le tarif fait forcément partie des premiers critères regardés. Entre une solution à 99 € par mois et une autre à 500 €, l'écart paraît évident et il est tentant de commencer la comparaison par là.

Dans la réalité, deux solutions affichées au même prix peuvent pourtant représenter des coûts très différents une fois intégrées à votre boutique.

Imaginez un premier outil qui nécessite plusieurs jours de développement pour être installé, quelques interventions de votre agence au cours de l'année et plusieurs heures de travail chaque mois pour être correctement exploité. Face à lui, une autre solution coûte un peu plus cher à l'abonnement, mais s'intègre facilement à votre environnement et demande très peu d'intervention ensuite.

La moins chère des deux n'est plus forcément celle que vous pensiez.

Le problème, c'est que ces dépenses sont rarement regroupées au même endroit. L'abonnement apparaît sur une facture SaaS, le développement sur celle de votre agence et le temps passé en interne... n'apparaît généralement sur aucune des deux.

Remettez tous les coûts au même endroit

Pas besoin de construire un modèle financier complexe pour commencer à y voir plus clair. Prenez simplement un outil de votre stack et essayez de reconstituer ce qu'il vous a réellement demandé sur les douze derniers mois.

À regarder Exemple Sur un an
Abonnement 299 € / mois 3 588 €
Installation / intégration 2 jours de développement À chiffrer selon vos coûts
Maintenance 2 h / mois 24 h
Temps passé en interne 4 h / mois 48 h
Outils ou connecteurs associés 49 € / mois 588 €

Les montants seront évidemment différents chez vous. L'intérêt de l'exercice est surtout de faire apparaître ce qui se cache derrière le prix de l'abonnement.

Un outil facturé 299 € par mois peut demander plusieurs milliers d'euros supplémentaires sur une année s'il nécessite régulièrement du développement ou l'intervention d'un prestataire. À l'inverse, une solution plus chère mais très autonome peut finalement représenter une dépense plus facile à justifier.

Le temps passé sur un outil a un coût

Vous connaissez le dicton : "le temps, c'est de l'argent", et ça s'applique aussi ici. 
C'est probablement la partie la plus difficile à mesurer, parce qu'elle se glisse facilement dans le quotidien.

Pensez à ce reporting qu'une personne de l'équipe doit retraiter chaque lundi parce que les données ne remontent jamais exactement comme prévu. Une demi-heure par semaine paraît presque anecdotique. Sur une année, elle représente pourtant plus de 25 heures consacrées à contourner une limite de l'outil.

Le même raisonnement vaut pour les exports manuels, les vérifications régulières, les problèmes de synchronisation ou les petites manipulations que l'on finit par considérer comme normales parce qu'elles font partie des habitudes de l'équipe.

Il ne s'agit évidemment pas de chronométrer chaque clic. L'idée est plutôt de repérer les outils qui réclament régulièrement du temps autour d'eux et de se demander si cet effort reste raisonnable par rapport à ce qu'ils apportent.

L'inverse est d'ailleurs tout aussi intéressant. Une solution à 1 000 € par mois peut sembler chère jusqu'au moment où vous réalisez qu'elle évite plusieurs heures de travail chaque semaine à trois personnes différentes.

Un outil cher peut très bien mériter sa place

Faire cet exercice ne consiste donc pas à classer votre stack du logiciel le moins cher au plus cher avant de commencer à couper dans le haut de la liste.

Un outil coûteux peut générer du chiffre d'affaires, remplacer plusieurs autres solutions, éviter des développements ou faire gagner suffisamment de temps pour que son prix soit parfaitement cohérent avec son utilisation.

À côté, une petite app à 39 € par mois peut traîner depuis deux ans sans que personne ne sache vraiment pourquoi elle est toujours là. Elle pèse peu sur le budget, mais cela ne signifie pas qu'elle a encore une raison d'être.

La question n'est donc pas seulement de savoir combien coûte un outil, mais si ce qu'il apporte justifie encore ce que vous dépensez pour lui.

Et c'est là que le prix seul devient assez peu intéressant. Pour juger correctement un outil, il faut réussir à mettre son coût en face de son utilisation réelle et de la valeur qu'il apporte à votre activité.

Remplacer un outil n'est pas gratuit non plus

Vous venez peut-être de découvrir qu'une solution vous coûte beaucoup plus cher que prévu. Avant de chercher immédiatement son remplaçant, il reste pourtant une partie du calcul à faire : combien vous coûterait son départ ?

Une migration peut demander de transférer des données, reconstruire des automatisations, refaire certaines intégrations ou former les équipes à une nouvelle interface. Il faut aussi parfois accepter une période de transition pendant laquelle tout ne fonctionne pas encore aussi bien qu'avant.

C'est particulièrement vrai pour les outils installés depuis longtemps. Avec le temps, ils ont tendance à se connecter à d'autres briques de votre environnement et certaines dépendances ne sont plus forcément visibles au premier coup d'œil.

Une solution imparfaite mais bien intégrée peut donc rester plus intéressante qu'un nouvel outil moins cher sur le papier. Ce coût de sortie mérite simplement d'entrer dans la réflexion avant de prendre une décision.

Commencez par regarder un seul outil

Si vous avez déjà dressé la liste des outils de votre stack, inutile de chercher à calculer précisément le coût de chacun dès maintenant.

Commencez plutôt par celui qui vous interroge le plus. Il peut s'agir d'un abonnement qui a fortement augmenté, d'une solution qui demande régulièrement l'intervention de votre agence ou simplement d'un outil dont vous avez eu du mal à expliquer l'utilité en faisant votre inventaire.

Reprenez ce que vous avez payé sur les douze derniers mois, ajoutez les dépenses directement liées à son fonctionnement et essayez d'estimer le temps qu'il demande à vos équipes. Le calcul ne sera probablement pas parfait, mais il sera déjà beaucoup plus proche de la réalité que le montant affiché sur votre dernière facture.

Vous découvrirez peut-être qu'un outil vous coûte bien plus que vous ne le pensiez. Ou au contraire que celui que vous trouviez cher fait finalement très bien son travail.

Une bonne stack e-commerce n'est pas nécessairement la moins chère. L'important, c'est de savoir ce que vous payez et d'avoir une bonne raison de continuer à le payer.